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80e anniversaire de la Libération d'Aywaille

Ce lundi 9 septembre 2024, vous avez sans doute aperçu dans les rues d’Aywaille un petit convoi de véhicules militaires d’époque.

Ces reconstituants, sous l’impulsion de Frédéric Winkin du Musée 40–45 Memories d’Aywaille, voulaient marquer le coup à l’occasion du 80e anniversaire de la Libération d’Aywaille.

Après être passé par l’Hôtel de Ville d’Aywaille dont le parvis est décoré (du 9 au 12 septembre 2024) de grandes photos rappelant quelques moments emblématiques de la libération de notre cité, le convoi s’est dirigé vers la place. Là, un bouquet de fleurs a été déposé par Monsieur le Bourgmestre au coin de la rue Hongrée en mémoire du civil Ernest JAMES, abattu par les Allemands alors qu’il brandissait, avec enthousiasme, à sa fenêtre un drapeau belge lorsqu’il a vu arriver les Américains, croyant que les combats étaient terminés et que l’envahisseur avait été chassé.

Souvenons-nous aussi, à travers son récit, de l’Aqualien Fernand JAMAGNE, qui a mené les Américains vers le pont d’Aywaille.

"J'ai rejoint le maquis fin août au Château d'Emblève.

Le 7 septembre, nous avons été attaqués par les Allemands.

Il était à peu près midi ; on était en train de servir la soupe. Comme nous n'étions pas armés en suffisance, notre commandant, Fernand KREUTZ, a pris la sage décision de quitter le château en nous séparant en deux groupes, un groupe se dirigeant vers Fraiture et l'autre vers Sprimont.

J'étais dans le groupe se dirigeant vers Sprimont.

Le groupe se dirigeant vers Fraiture a été attaqué par les Allemands. Une fusillade s'est engagée et c'est là que mon ami, Alphonse GILLES, a été tué.

Vu la gravité de la situation, les responsables ont invité les maquisards qui faisaient route vers Fraiture à rejoindre leur maison.

Quant à notre groupe, il a été accroché par les Allemands à Lincé, dans une villa où nous nous trouvions. Les Allemands n'ont pas insisté et ont continué leur chemin. Heureusement pour nous car nous n'étions pas à même de nous défendre. Nous attendions des ordres qui nous sont parvenus le lendemain par l'intermédiaire de Messieurs QUINTARD et GOFFIN. Vu la situation, ceux-ci nous ont conseillé de nous disperser et de rejoindre Esneux qui venait d'être libéré.

Nous sommes arrivés à Esneux le 9 septembre dans la matinée.

Le même jour, vers 14h, les Américains ont demandé à être accompagnés par les maquisards pour rejoindre Verviers. Je me suis porté volontaire pour cette mission. La colonne à convoyer était composée d'une quinzaine de jeeps du 3e Bn inf. US (du 60° Régt inf. US) renforcées par trois tanks Destroyers (chasseurs de tanks) du 799 TKS Destr. GP.

Nous avons quitté Esneux à 14h30.

Nous nous sommes dirigés vers Fontin, Lincé et Sprimont sans incident. Nous avons rejoint là-bas d'autres véhicules précédant la colonne. Ceux-ci ont continué vers Louveigné tandis que la colonne tanks + jeeps tournait à droite au pied du Hornay vers Aywaille.

La traversée de Sprimont ne s'est pas faite sans mal, surtout pour les Allemands qui y sont subi des pertes.

Par le Tige, l'ancienne route de Florzé, la colonne a atteint Florzé où elle a été prise à partie par des Allemands qui se trouvaient dans l'ancienne propriété KLEINERMAN (près de l'église). Ceux-ci ont été rapidement mis hors de combat.

Nous avons de nouveau été pris à partie par une batterie allemande qui se trouvait à Septroux, ce qui empêchait les Américains de descendre à Aywaille par la grand-route.

J'ai alors proposé de descendre par la Chera.

La colone s'est engagée et, très vite, à hauteur de l'ancienne maison SCHALTIN, elle a été prise à nouveau sous les feux des pièces d'artillerie tirant de Septroux. Les Américains ont débarqué de leur véhicule et quand le tir ennemi a cessé, la colonne est repartie.

A ce moment, les Américains m'ont proposé d'embarquer dans un des tanks.

Au débouché de la Chera, en rejoignant la grand-route, le premier tank a été pris sour le feu de deux blindés allemands postés sur le pont d'Aywaille. Il a aussitôt réagi et a mis les deux blindés hors de combat.

Continuant à avancer en ripostant, les tanks US sont arrivés au pont et ont basculé les deux blindés allemands en flammes de part et d'autre du pont, dans l'Amblève.

Quand la colonne est arrivée sur la place d'Aywaille vers 18 - 19h, celle-ci était déserte. Pas âme qui vive !

Encore quelques coups de feu et j'ai vu un civil tomber près du kiosque. J'ai appris par après que c'était Ernest JAMES. Par qui a-t-il été tué - par les Américains ou les Allemands - qui pourrait le dire puisqu'il était le seul civil sur la place ?

Après une accalmie, la population est sortie des maisons dans la joie et l'allégresse que l'on imagine. Aywaille était libéré !

Je n'oublierai jamais cette journée. Je vois encore le pharmacien HAUFROID et Mariette SCHOUNE me sautant au cou et m'embrassant : ils m'avaient pris pour un Américain !

Pour moi, cette journée était loin d'être terminée : il fallait fêter la libération !".

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